‘‘Les Transports et les Déplacements dans la région
Alsace’’
enquête réalisée entre octobre 1999 et avril
2000
octobre 2000
Les
UDAF (Unions départementales des Associations Familiales) sont des associations
de droit local reconnues d'utilité publique. Conformément à l'ordonnance du 3
mars 1945 et à la loi du 11 juillet 1975, les UDAF en relation avec l'UNAF
(Union Nationale des Associations Familiales) sont habilitées à donner leur
avis aux pouvoirs publics sur les questions concernant les familles, à les
représenter et à gérer tout service d'intérêt familial.
En
1999, les UDAF du Bas-Rhin et du Haut-Rhin ont souhaité avec l'URAF (Union
Régionale des Associations Familiales) mettre en place un Observatoire Régional de la Famille. L'Observatoire est un outil
pour faire remonter les besoins des familles, et ceci afin de remplir au mieux
la mission institutionnelle des UDAF : représenter
les familles.
|
Les
UDAF du Bas-Rhin et du Haut-Rhin ainsi que l'URAF ont élaboré avec l'INSEE
Alsace un échantillon de 600 familles (300 pour le Bas-Rhin et 300 pour le
Haut-Rhin) à interroger. Cet échantillon a pour caractéristique d'être
représentatif de la population alsacienne. Aussi, il a fallu tenir compte
d'un certain nombre de caractéristiques combinées entre elles comme, le type
et la taille de la famille, la catégorie socioprofessionnelle de la personne
de référence et l'âge de cette personne. Ces
familles sont ventilées sur des secteurs géographiques prédéfinis par
l'INSEE. |
Les
Transports et les Déplacements sont une des préoccupations de chacun dans sa
vie quotidienne, aussi cette première enquête dont nous vous présentons les
résultats a pour but de mieux connaître les pratiques et les opinions des
familles alsaciennes sur leurs déplacements quotidiens et sur leurs modes de
déplacements.
Les déplacements quotidiens concernent
les déplacements que chaque membre de la famille effectue pour se rendre sur
son lieu de travail, à l'école…ou pour faire ses courses.
Notre enquête ne traite pas des
déplacements de loisirs des familles alsaciennes.
Les
résultats de cette première enquête nous ont donné des éléments sur les
pratiques de déplacements quotidiens des familles, les déplacements quotidiens
en famille, le transport des enfants, les modes de déplacements utilisés et les
appréciations des familles portées sur les transports.
Toutefois,
il est à noter que nous n'avons pas réussi à réunir toutes les familles de
notre panel. En effet sur les 300 familles que nous devions respectivement
trouver dans chacun des deux départements alsaciens, seules 178 familles se
sont portées volontaires pour le Bas-Rhin et 226 familles pour le Haut-Rhin.
Dans
notre panel, nous avons des profils déficitaires. Il nous manque des personnes
de référence dans les tranches d'âge "15-29 ans", "50 ans et
plus", ainsi que dans les catégories socioprofessionnelles
"ouvriers", "professions intermédiaires", "retraités,
étudiants, inactifs" et des "familles avec couple sans enfant, jeunes
sans enfant, personnes âgées sans enfant à domicile".
Les familles alsaciennes et les déplacements quotidiens
Selon
les catégories socioprofessionnelles des hommes et des femmes, les distances
kilométriques parcourues dans la journée diffèrent.
La
majorité des "retraités" hommes et femmes parcourent moins de 15
kilomètres dans la journée. Leurs déplacements sont des trajets de proximité
notamment liés aux achats quotidiens.
En
ce qui concerne les hommes, 32% des "ouvriers" et 32% des "employés"
parcourent dans la journée une moyenne de 16 à 30 kilomètres. Pour ces
catégories, au fur et à mesure que la distance augmente le nombre
d'utilisateurs baisse. Ce qui fait penser que leur lieu de travail est
certainement assez proche de leur domicile.
Pour
la catégorie des professions intermédiaires (instituteurs et assimilés,
techniciens, contremaîtres,…) ils sont 54,2% à parcourir moins de 30 kilomètres
par jour, et 44% à parcourir entre 31 et 100 kilomètres. Les nécessités de
travail leurs imposent des trajets plus longs.
Ce
sont les hommes "cadres" qui parcourent les distances les plus
longues, ils peuvent se déplacer au-delà de 240 kilomètres.
Les
femmes parcourent moins de 15 kilomètres par jour et ceci quelque soit leur
catégorie socioprofessionnelle.
DES
TRAJETS VARIABLES ENTRE HOMMES ET FEMMES
Les
hommes comme les femmes passent en moyenne 15 à 30 minutes dans leurs trajets
quotidiens. Toutefois, les femmes ont des trajets plus courts (moins de 15
minutes) que les hommes, qu'elles travaillent ou non. On peut penser que les
trajets des femmes sont plus courts parce qu'elles les effectuent pour
l'essentiel dans le cadre de leurs obligations familiales (amener les enfants à
l'école, faire les courses…).
DES
TRAJETS LES PLUS COURTS POSSIBLES
Plus
la distance parcourue est longue, moins les familles interrogées se déclarent
"satisfaites".
Pour
les femmes, lorsqu'elles parcourent une distance comprise entre 16 et 30
kilomètres, 26,8% d'entre elles sont encore "plutôt satisfaites"
contre 30,4% qui ne sont "pas du tout satisfaites".
Les
hommes parcourent des distances plus longues que les femmes. Lorsqu'ils
parcourent 30 à 60 kilomètres, ils sont encore 41,3% à être "plutôt
satisfaits" contre 24,2% de "pas du tout satisfaits".
LES
APPRECIATIONS DES FAMILLES CONCERNANT LES DEPLACEMENTS QUOTIDIENS
Les
femmes comme les hommes sont "plutôt satisfaits" voir
"satisfaits" de la durée de leurs trajets quotidiens.
Pour
le coût du trajet, là aussi ils sont
"plutôt satisfaits" (enquête
réalisée avant la hausse du carburant).
Les
hommes et les femmes sont "très satisfaits" (56,8% et 59,3%) de la souplesse et de l'autonomie de leurs
trajets. Cette satisfaction découle de l'usage de la voiture qui offre une
liberté de mouvement.
En
ce qui concerne la sécurité de leurs trajets, les femmes
et les hommes en sont globalement "plutôt satisfaits".
Les
femmes comme les hommes sont plus nombreux à être peu ou pas satisfaits de la pollution.
Les déplacements quotidiens en famille
Les hommes et les femmes se déplacent en
majorité "seul" et ceci toutes catégories socioprofessionnelles
confondues. Mais les femmes sont plus nombreuses que les hommes à se déplacer
avec "certains ou tous leurs enfants".
Ce
sont les hommes "ouvriers" (13%) et ceux appartenant aux "professions
intermédiaires" (13,1%) qui se déplacent le plus souvent avec toute leur
famille (conjoint et enfants). Les hommes cadres ne sont que 5% à se déplacer
avec toute leur famille.
Les
"étudiantes", les "inactives", les "mère au
foyer" se déplacent pour 14% d'entre elles avec leur conjoint.
Le transport quotidien des enfants
Les
enfants âgés de 5 ans et moins se déplacent souvent à pied (44,6%) et donc
accompagnés d'une tierce personne. Les distances qu'ils parcourent sont courtes
(déplacements pour les crèches, écoles de quartier…).
Les
6-10 ans sont 53,3% à se déplacer à pied et 20% le font à vélo. A cet âge ils
ont acquis une certaine autonomie dans leurs déplacements.
Les
11-15 ans sont 31,9% à prendre le bus.
Quant
aux 16-20 ans, ils utilisent fortement les moyens de transports collectifs.
31,5% utilisent le bus, et 12% le train. 16,9% de cette tranche d'âge utilisent
la voiture comme moyen de locomotion. A partir de 16 ans on s'aperçoit qu'un
certain nombre de jeunes pratiquent la conduite accompagnée. Entre 18 et 20
ans, ceux qui ont leur permis prennent la voiture pour se déplacer.
Les
21-25 ans se déplacent davantage en voiture (39,8%). Là aussi, la voiture
permet une certaine autonomie lorsque l'on travaille ou lorsque l'on est
étudiant.
DUREE
DES DEPLACEMENTS ET ÂGE DES ENFANTS
Les
enfants âgés de 5 ans et moins ont la durée de trajet la plus courte, moins de
15 minutes. Pour les 6-10 ans et les 11-15 ans la durée de déplacement est de
15 à 30 minutes. L'école, et le collège sont certainement relativement proches
de leur domicile.
La
tranche des 16-20 ans à quant à elle une durée de trajet comprise entre 15 et
60 minutes. Le lycée, l'université, l'école supérieure, ou leur lieu de travail
sont relativement éloignés du domicile.
Les
21-25 ans ont des durées de déplacements variables. Les plus de 25 ans sont
37,5% à passer 60 à 75 minutes dans les trajets.
DISTANCE
KILOMETRIQUE PARCOURUE DANS LA JOURNEE PAR LES ENFANTS SELON LEUR ÂGE
Les
5 ans et moins, les 6-10 ans, et 11-15 ans parcourent moins de 15 kilomètres
par jour.
Les
16-20 ans parcourent pour la plupart moins de 30 kilomètres par jour.
Les
21-25 ans parcourent pour 38,5% d'entre eux moins de 15 kilomètres. Ils peuvent
également parcourir jusqu'à 240 kilomètres.
C'est
une classe d'âge qui parcoure plusieurs types de distance, que ce soit pour
aller au travail, à l'université ou autre.
Les
plus de 25 ans parcourent en moyenne de 31 à 60 kilomètres dans la journée.
L'INDICE
DE SATISFACTION DES PARENTS CONCERNANT LES DEPLACEMENTS DE LEURS ENFANTS
Pour
les enfants âgés de 5 ans et moins, les parents sont plus nombreux à être
"satisfaits" et "très satisfaits" que peu ou pas satisfait
de la durée du trajet quotidien de
leurs enfants.
De
6 à 10 ans les parents sont par contre "très satisfaits" de la durée
du trajet de leurs enfants (35,6% de "très satisfaits" contre 8,1% de
"pas du tout satisfaits").
Pour
les 11-15 ans, l'avis des parents est partagé. Il y a autant de
"satisfaits" que de "pas satisfaits" (environ 32%), alors
que pour les 16-20 ans il n'y a que 11,2% de "très satisfaits" contre
37,8% de "pas du tout satisfaits". Ceci peut s'expliquer par
l'éloignement des lycées et universités du domicile et par la nécessité
d'utiliser les transports en commun pour certains enfants.
31,5%
des parents des 6-10 ans et 46,8% des 11-15 ans sont "très
satisfaits" du coût du trajet de leurs enfants.
Pour
les 16-20 ans, 48,1% des parents sont "peu satisfaits" du coût de
leurs trajets, mais ils sont tout de même 40,9% à être "satisfaits".
Les
parents des 6-10 ans, sont à 35,8% "très satisfaits" de l'autonomie/la souplesse de leurs
déplacements.
Pour
les 11-15 ans, 41,8% des parents sont "peu satisfaits" et 38,6%
"plutôt satisfaits". Ces enfants sont à la fois autonomes pour des petits
trajets et dépendants de leurs parents pour de plus grands déplacements.
Pour
la tranche d'âge des 16-20 ans, les parents sont mitigés sur l'autonomie et la souplesse de leurs
déplacements. Beaucoup de ces jeunes prennent les transports en commun.
En
ce qui concerne la sécurité, les
parents sont 35,3% à être "peu satisfaits" pour les déplacements de
leurs enfants âgés de 16 à 20 ans. Nombreux sont ceux qui se déplacent en bus.
Y aurait-il un lien avec le sentiment d'insécurité dans les transports collectifs
?
Ce
même pourcentage d'insatisfaction se retrouve pour les 11-15 ans.
Les modes de déplacements utilisés
La
voiture est utilisée par toutes les catégories professionnelles. Ce sont les
hommes cadres qui l'utilisent le plus (73,5%) et les retraités le moins
(44,2%).
Les
hommes qui prennent le plus souvent le bus et le train sont les
"employés" (8% prennent le bus et 6,2% le train) et les
"retraités" (8,4% prennent le bus et 5,3% le train). Les employés
interrogés travaillent dans un secteur tertiaire basé pour l'essentiel dans les
grandes et moyennes villes, d'où l'utilisation des transports collectifs pour
se déplacer plus facilement et rapidement. Les retraités utilisent ces modes de
transports certainement par confort.
Les
femmes qui utilisent le "plus souvent" les transports collectifs sont
les "retraitées" (6% d'entre elles prennent le train et 12% le bus).
Ce
sont aussi les "étudiantes", les "inactives", les "mères
au foyer" qui se déplacent le plus souvent à pied et à vélo (24,8% se
déplacent à pied et 16% à vélo), ainsi que les hommes "retraités"
(20% se déplacent à pied et 15,8% à vélo). Tous n'ont pas de véhicules et les
femmes accompagnent certainement leurs enfants sur de petits trajets.
LES
DIFFERENTS MODES DE DEPLACEMENT SELON LE SECTEUR DE RESIDENCE
Dans
le Bas-Rhin comme dans le Haut-Rhin, la voiture est le moyen de locomotion le
plus utilisé par les femmes et les hommes pour leurs déplacements quotidiens.
Toutefois, on note que c'est dans le Haut-Rhin que la voiture est le plus
fréquemment utilisée pour les déplacements quotidiens.
L'offre
des transports publics faite aux usagers dans le département du Bas-Rhin
est-elle plus avantageuse que dans le Haut-Rhin ?
Ce
sont dans les agglomérations de Strasbourg-ville et Mulhouse que l'on prend
davantage le bus.
Bien que peu utilisatrice,
des familles favorables aux transports collectifs.
Pour
les déplacements courts, 88,9% des familles alsaciennes se déclarent
"favorables" à se passer de la voiture. Pourtant, 90,49% des hommes et 89,14% des femmes utilisent ce moyen de
locomotion pour leurs déplacements quotidiens.
70,8%
des familles alsaciennes interrogées, sont prêtes à éviter l'usage de la
voiture pour leurs déplacements courts s'il y a création de services et de
commerces de proximité. 58,7% s'il y a multiplication des stations de
transports collectif. 53,7% s'il y a création de services près des stations de
transports collectifs.
70,8%
des familles sont prêtes à se passer de leur voiture s'il y a multiplication
des pistes cyclables.
Les
familles interrogées sont très sensibles aux actions qui pourraient être menées
en faveur de la sécurité des enfants pour aller à l'école, en bus ou à pied.
Pour
les déplacements vers les grandes agglomérations, 86,4% de ces familles sont
prêtes à utiliser les transports en commun si des stationnements sont possibles
pour leur voiture en périphérie.
80,4%
des familles sont également favorables aux dessertes en transports collectifs
et aux connections train-bus, train-tram…dans leurs déplacements en milieu
rural et périurbain.
Les
familles ont émis des suggestions pour l'amélioration des transports. Elles
souhaitent un développement des transports collectifs (bus, train) entre leur
domicile et leur lieu de travail, une augmentation de la fréquence de la
desserte périurbaine, des horaires mieux adaptés et plus souples ainsi que des
prix plus attractifs et la création de parkings (voitures, vélos) autour des
gares.
Si
la majorité des familles alsaciennes interrogées sont "favorables au non usage de la voiture", il n'en demeure
pas moins que l'usage de la voiture reste le moyen de transport dominant pour
les déplacements quotidiens des familles.
Cette
étude confirme que tout un travail de sensibilisation et d'éducation auprès des
usagers alsaciens doit encore se développer, qu'il est nécessaire de leur faire
prendre plus conscience des effets néfastes de l'automobile sur l'environnement
et sur la qualité du cadre de vie, et que l'usage des moyens alternatifs à la
voiture peut faciliter les déplacements quotidiens des usagers (sécurité,
rapidité, éviter les embouteillages, tarification du titre de transport plus
avantageuse que le prix du carburant...).