Résultats de notre enquête

 

‘‘L’AUTONOMIE DES JEUNES DE 16 A 30 ANS’’

 

enquête réalisée de mai à juin 2003

 

 

 

juillet 2003

 

 

 

Union Départementale des Associations Familiales du Bas-Rhin

 

 

 

Union Départementales des Associations Familiales du Haut-Rhin

 

 

Union Régionale des Associations Familiales

 

 

 

En partenariat avec les Caisses d'Allocations Familiales du Bas-Rhin et du Haut-Rhin et la Mutualité Sociale Agricole Alsace

 

 

 

Les UDAF du Bas-Rhin et du Haut-Rhin (Union départementale des associations Familiales) sont des associations de droit local reconnues d'utilité publique. Conformément à l'ordonnance du 3 mars 1945 et à la loi du 11 juillet 1975, les UDAF en relation avec l'UNAF (Union Nationale des Associations Familiales) sont habilitées à donner leur avis aux pouvoirs publics sur des questions concernant les familles, à les représenter et à gérer tout service d'intérêt familial.

En 1999, les UDAF du Bas-Rhin et du Haut-Rhin ont souhaité avec l'URAF (Union Régionale des Associations Familiales) mettre en place un Observatoire Régional de la Famille. L'Observatoire est un outil qui œuvre dans le sens de la politique familiale : faire remonter les besoins des familles et ceci afin de remplir au mieux la mission institutionnelle des UDAF : représenter les familles.

 

Les UDAF du Bas-Rhin et du Haut-Rhin ainsi que l'URAF ont travaillé en collaboration avec l'INSEE Alsace qui a élaboré un échantillon de 600 familles (300 pour le Bas-Rhin et 300 pour le Haut-Rhin). L'INSEE s'est appuyé sur le recensement de la population datant de 1990 pour élaborer notre panel. Cet échantillon a pour caractéristique d'être représentatif de la population alsacienne. Aussi, il a fallu tenir compte d'un certain nombre de caractéristiques combinées entre elles comme, le type et la taille de la famille (familles monoparentales ou non, familles avec couple marié ou non, sans enfant, un enfant, deux enfants, trois enfants et plus), la catégorie socioprofessionnelle de la personne de référence et l'âge de cette personne.

 

L'enquête "L'autonomie des jeunes de 16 à 30 ans" a plusieurs objectifs. Il s'agit:

- de tester les propositions politiques (allocations, prêt,…) pour savoir si elles répondent aux attentes de la population.

- de savoir si les parents pensent que les jeunes et eux-mêmes sont assez informés sur toutes les instances qui peuvent les aider.

 

Par rapport au panel initial, le nombre de réponses est insuffisant. Certaines familles sont sous-représentées ou sur-représentées. Au total, seules 197 familles pour le Bas-rhin et 97 familles pour le Haut-Rhin ont répondu. Cette quatrième enquête ne peut alors pas prétendre avoir une valeur scientifique. Elle donne des résultats à titre indicatif. A noter que ne se sont sentis concernées que les personnes ayant des enfants de 16 à 30 ans principalement.

 

 

Qu'est ce que l'autonomie

des jeunes?

 

 

 

L'autonomie des jeunes est un passage de différentes étapes amenant l'individu à changer de statut. Il s'agit principalement du passage de la vie étudiante à la vie active, de celui d'enfant à celui de parent… L'autonomie est également un apprentissage progressif des responsabilités. Elle n'est pas seulement financière mais aussi relationnelle dans le sens où le jeune doit apprendre à faire ses propres choix…

 

Quel que soit le sexe du répondant et le nombre d'enfants, pour les familles alsaciennes, ce processus s'accompagne d'un certain état d'esprit. La quasi-totalité des répondants (98%) sont d'accord pour dire que l'information et la mise en confiance sont des éléments essentiels pour accéder à l'autonomie. 96 % pensent également qu'être autonome, c'est faire ses propres choix et les assumer.

Le coté financier de cette étape n'est pas à négliger. Pour 70 % des familles, si le jeune n'est pas indépendant financièrement, il n'est pas autonome, 89 % disent tout même que l'on peut acquérir une certaine autonomie sans disposer de son propre revenu.

 

Vivre dans son propre logement fait partie de l'autonomie car:

-          78 % des familles pensent qu'avoir un logement personnel est synonyme d'autonomie.

-          68%, que si les parents payent le loyer, le jeune est autonome.

-          59%, qu'une chambre en cité universitaire ou en foyer est synonyme d'autonomie.

-          59 %, que vivre en colocation est synonyme d'autonomie.

-          27%, que vivre chez les parents est synonyme     d'autonomie.

 

 

 

La situation des jeunes

de 16 à 30 ans

 

 

 

46 % des enfants dont la famille a été enquêtée, sont âgées entre 16 et 30 ans.

 

56 % des enfants âgés entre 16 et 30 ans habitent au domicile de leurs parents et 43 % l'ont quitté. Ce pourcentage varie en fonction de l'âge des enfants. En effet 97 % des enfants âgés entre 16 et 19 ans vivent au sein de la famille, contre 58 % des 20-24 ans et 14 % des enfants de 25 ans et plus. Selon les résultats de l'enquête, si 83 % des étudiants et 80 % des apprentis habitent au domicile des parents, ce pourcentage ne s'élève qu'à 46 % pour les chômeurs et 20 % pour les jeunes salariés.

 

Pour finir, la moitié des enfants âgés de 16 à 30 ans sont étudiants au moment de  l'enquête (89 % des 16-19 ans  et 55 % des 20-24 ans) alors que 38 % sont déjà entrés dans la vie active (74 % des jeunes âgés de 25 ans et plus).

 

 

 

Les jeunes ont besoin d'une

aide financière

 

 

 

Une fois sortie du système scolaire, les jeunes ont de plus en plus de mal à trouver un emploi stable. C'est cette difficulté d'accès à l'emploi, qui met les jeunes dans des situations financières parfois critiques.

 

On remarque que les propositions faites pour aider le jeune sont retenues pour la majorité des familles si celles-ci en sont les principales bénéficiaires. En effet, 89% des répondants sont d'accord pour qu'une déduction fiscale soit accordée aux parents. 85% des familles pensent que des allocations familiales doivent être versées aux parents pendant toute la durée des études. Pour 83 %, les APL et les allocations familiales devraient pouvoir se cumuler. Ces mesures devraient selon les répondants, concerner les familles qui ont des enfants âgés entre 16 et 25 ans.

 

Quant au jeune, 84 % des familles disent qu'il devrait en cas de nécessité pouvoir toucher une aide ponctuelle et ce jusqu'à 30 ans. 77 % des répondants sont d'accord pour dire que les jeunes bénéficient d'un prêt à taux zéro à rembourser lorsqu'il a un emploi. Les jeunes âgés principalement entre 18 et 25 ans, devraient, pour 67 % des répondants, pouvoir toucher une allocation dégressive selon la situation des parents. Et enfin, les jeunes en situations de précarité devraient pouvoir toucher le RMI avant 26 ans (58% des répondants).

 

 

A noter que pour les répondants, les étudiants ont besoin d'un soutien financier plus important que les chômeurs. Seulement 31% des familles pensent que les chômeurs ont des besoins financiers plus important que les étudiants et 85 % en moyenne, que les jeunes étudiants doivent bénéficier d'aides plus importantes pour encourager leurs études.

 

Pour 75 % des familles, les aident doivent être versées directement au jeune. Ceci est en contradiction avec ce que nous avons observé précédemment (aide financière plutôt aux parents), mais peut s'expliquer par le fait que même si l'état accorde un soutien au jeune, la famille devra tout de même encore intervenir financièrement. C'est pourquoi les familles interrogées estiment que l'état doit non seulement aider directement le jeune, mais également les parents afin qu'il puisse plus aisément encourager le jeune.

Par contre l'assistance des jeunes par l'État n'est pas une bonne mesure selon les personnes interrogées puisque pour 74 % des répondants, les aides financières doivent être conditionnées par un résultat (obtention de diplôme) ou par une activité. Et, pour 77 %, plutôt que des aides financières, l'état devrait proposer des emplois subventionnés aux jeunes. A noter qu'en 1999, le nombre d'emplois aidés pour les jeunes de moins de 26 ans s'élevait à 750 000. Cela représentait 43 % des jeunes en situation d'emploi. Cette proportion avait plus que doublé par rapport à 1990.

Quoi qu'il en soit, 75 % des familles alsaciennes pensent que les aides doivent dépendre du revenu des parents.

 

C'est pourquoi, pour les personnes interrogées, ce sont avant tout les parents qui doivent aider les jeunes financièrement (95% des répondants) et notamment si ces derniers ont un revenu suffisant.

 

Le reste de la famille n'étant que peut concernée par ce problème. En effet, seulement 58 % des enquêtés ont répondu que les grands-parents devaient aider le jeune et 20 % pour que ce soit la famille élargie qui soit concernée par ce problème.

 

Il convient cependant de préciser que les retraités actuels, qui ont connu une longue vie de travail marquée par le plein emploi, disposent en moyenne de revenu supérieur que la population active. Cette situation engendre alors un phénomène de solidarité entre les générations.

Ne pourrait-on pas alors penser qu'il y a contradiction entre les pratiques de soutien des grands-parents et les discours des familles (seulement 58% pensent que les grands-parents doivent aider le jeune financièrement). En revanche, pour 87 % des répondants le jeune doit se prendre lui-même en charge et trouver des solutions pour résoudre ces problèmes d'argent. 86 %  pensent que c'est le rôle de la protection sociale et 75 % pour que l'état intervienne.

 

Les collectivités locales, quant à elle, devraient aider le jeune pour 62 % des familles. Pour finir, seulement 28 % des personnes interrogés pensent que les associations caritatives devraient apporter un soutient financier aux jeunes. Cela montre bien le désir des familles à ne pas rentrer dans un système d'assistanat, mais qu'aider un jeune à devenir autonome financièrement devrait être davantage un droit, même si ce droit devrait être conditionné par une activité.

 

 

 

Les jeunes ont besoin d'informations

 

 

 

Pour acquérir une certaine autonomie et franchir les différentes étapes qui le conduise  vers la vie d'adulte, le jeune a besoins d'informations diverses.

 

L'école étant un lieu obligatoire et de ce fait fréquenté par tous les jeunes, il devrait exister au sein de l'établissement scolaire :

 

Ø      Un bureau d'accueil où le jeune puisse se renseigner sur des questions diverses comme la santé ou la sexualité (pour 94 % des répondants)

Ø      Des campagnes d'information et de prévention sur des thèmes sensibles comme le SIDA ou sur des manifestations culturelles (pour 89 % des répondants)

Ø      La présence de personnes spécifiques comme une assistante sociale, une infirmière scolaire, un conseiller d'orientation (pour 99 % des répondants)

Ø      Des cours spécifiques enseignés par des professionnels sur les droits et les devoirs, sur la vie pratique et quotidienne... (pour 95 % des répondants)

Ø      Des réunions avec d'anciens élèves, afin d'avoir divers avis concernant les poursuites d'études (pour 92 % des répondants)

Ø      Des réunions jeunes/parents/professeurs pour davantage de dialogue (pour 93 % des répondants)

 

Mais les jeunes devraient également avoir accès à des informations en dehors de l'établissement scolaire. Par exemple à travers :

 

Ø      Les mairies (pour 76 % des répondants)

Ø      Des interventions de professionnels (pour 97 % des répondants)

Ø      Des forums de discussion dans des lieux spécifiques (pour 94 % des répondants)

Ø      Des campagnes publicitaires pour faire connaître les lieux d'informations (pour 96% des répondants)

Ø      Des bureaux d'information jeunesse (pour tous les répondants)

Ø      Une meilleure répartition des centres d'informations et notamment dans les campagnes (pour 98 % des répondants)

 

Les familles interrogées ont une relativement bonne connaissance de ces centres d'information. En effet, en moyenne seulement 14 % ont répondu ne pas connaître, avec des proportions maximales pour les Points d'Information Jeunesse (PIJ) (24%) et les Points d'Accueil et d'Ecoute (PAE) (24%). Les missions locales n'étant pas connues par 14 %, le CIO par 8 % et le planning familial par 6 % des familles.

A la question, que pensez-vous de ces lieux d'information, plus de la moitié des familles interrogées ont répondu que le CIO, les PIJ, les PAE et le planning familial sont très utiles,  environ 40 % des personnes qu'ils sont moyennement utiles et de 4 % à 11 % des répondants qu'ils ne sont pas utiles.

Pour les missions locales et les permanences d'associations, la majorité des familles pensent que ces lieux sont moyennement utiles (à 51% et 55%), Peu de personnes cependant  disent qu'ils ne sont pas utiles (seulement 7% pour les missions locales et 3 % pour les permanences d'associations), alors que 42 % ont répondu qu'ils sont très utiles.

 

 

 

Les jeunes ont besoin d'être conseillés

 

 

Le jeune doit non seulement avoir accès à des informations mais également être conseillé et accompagné dans son autonomie.

Selon les situations, il apparaît que certaines personnes ou certaines institutions, sont de meilleurs conseillers pour le jeune.

Quel que soit le domaine (privé, professionnel…) les familles alsaciennes ont répondu en plus grande majorité, que conseiller le jeune est le rôle principalement des parents. L'éducation nationale n'étant que là pour guider le jeune dans sa carrière professionnelle et les organismes spécialisés  pour tout ce qui touche au domaine financier. Pour ce qui est du comportement du jeunes ou de sa personnalité, les amis peuvent également intervenir.

 

 

Les familles alsaciennes estiment qu'une aide financière est un droit et ne doit pas être sous forme caritative. Si c'est selon elles, principalement les parents qui doivent aider le jeune, l'état peut également intervenir, sous une autre forme que l'assistanat, mais par des prestations reversées directement aux jeunes et par une aide fiscale aux familles les permettant  de mieux soutenir le jeune.

 

Pour le mouvement familial, quelle que soit l'allocation proposée par les politiques, des mesures complémentaires sont nécessaires. Il s'agit par exemple :

-          du développement du logement social pour les jeunes et du cautionnement mutuel.

-          du développement de la qualité de la formation initiale et continue. Dans le parcours d'insertion, l'investissement dans une association devrait aussi davantage être reconnu comme un acquis et valorisé.

-          d'aider les associations à accueil des jeunes bénévoles, notamment des jeunes en difficulté afin de les responsabiliser.

 

Il nous semble également important qu'il ne doit pas y avoir opposition entre autonomie des jeunes et soutien des familles. Car avec une allocation direct, le soutien financier direct ou indirect de la famille reste souvent nécessaire.

 

Nous souhaitons donc que la publication de ce rapport soit un élément facilitateur de ce débat.

 

 

Pour avoir le rapport intégral et organiser un débat, adressez vous à l'UDAF.

 

Prochaine enquête :

Ø      Octobre 2003 : "L'éducation parentale"

Ø      2004 : "Le logement’’

 

 

 

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