Enquête réalisée de septembre
à octobre 2003
|
septembre 2004 |
Union Départementale des Associations Familiales du Bas-Rhin
Union Départementales des Associations Familiales du Haut-Rhin
Union Régionale des Associations Familiales
En partenariat avec les Caisses d'Allocations Familiales du Bas-Rhin et
du Haut-Rhin et la Mutualité Sociale Agricole Alsace
Les UDAF du Bas-Rhin et du
Haut-Rhin (Union départementale des associations Familiales) sont des
associations de droit local reconnues d'utilité publique. Conformément à
l'ordonnance du 3 mars 1945 et à la loi du 11 juillet 1975, les UDAF, en
relation avec l'UNAF (Union Nationale des Associations Familiales), sont
habilitées à donner leur avis aux pouvoirs publics sur des questions concernant
les familles, à les représenter et à gérer tout service d'intérêt familial.
En 1999, les UDAF du
Bas-Rhin et du Haut-Rhin ont souhaité avec l'URAF (Union Régionale des
Associations Familiales) mettre en place un Observatoire Régional de la
Famille. L'Observatoire est un outil qui œuvre dans le sens de la politique
familiale : faire remonter les besoins des familles et ceci afin de remplir au
mieux la mission institutionnelle des UDAF : représenter les familles.
Les UDAF du Bas-Rhin et du Haut-Rhin ainsi que l'URAF ont travaillé en
collaboration avec l'INSEE Alsace qui a élaboré un échantillon de 600 familles
(300 pour le Bas-Rhin et 300 pour le Haut-Rhin). Notre échantillon est
représentatif de la population alsacienne. Il tiens compte d'un certain nombre
de caractéristiques combinées entre elles comme le type et la taille de la
famille (familles monoparentales ou non, familles avec couple marié ou non,
sans enfant, un enfant, deux enfants, trois enfants et plus), la catégorie
socioprofessionnelle de la personne de référence l'âge de cette personne et le
lieu de vie.
L'enquête "l’éducation des enfants" a plusieurs objectifs. Il
s'agit:
-
de voir quelles sont les
conceptions éducatives des alsaciens
-
d'identifier les
difficultés qu’ils rencontrent face à l’éducation des enfants
-
de sonder leurs besoins en terme de soutien éducatif
Par rapport au panel, le
nombre de réponses est inférieur. Certaines familles sont sous-représentées,
d’autres sur-représentées. 267 familles pour le Bas-Rhin et 173 familles pour
le Haut-Rhin ont répondu (au lieu de 600 attendues selon différents critères).
Cette enquête donne des résultats à titre
indicatif et non représentatif.
A noter que pour le Bas-Rhin, les proportions des
répondants sont quasi représentatives.
Le rôle et la place dans
l’éducation
Le style d’éducation plébiscité par les répondants
est une éducation stricte (83%). Sachant que la définition donnée à une
éducation stricte est une éducation basée sur l’autorité et le dialogue, alors
que la négociation ne retient que 14% des répondants.
Les modes d’éducation extrême (très strict ou très
souple) ne sont pas retenus.
|
Mode d’éducation |
pourcentages |
|
Très strict (basé sur l’autorité) |
2% |
|
Strict (autorité et dialogue) |
83% |
|
Souple (basé sur la négociation) |
14% |
|
Très souple (basé sur le « laisser faire ») |
1% |
Les parents pensent qu’ils ont le plus d’impact
(55%) avant l’âge de 6 ans, même s’ils sont 48% à penser que l’éducation se
termine après 18ans.
L’éducation n’est pas l’affaire unique de la
famille. En effet, différentes personnes y contribuent de façon positive
d’après les répondants :
-les parents 96%
-les enseignants 90%
-les frères et sœurs 87%
-les grands parents 85%
-les amis des enfants 60%
-les autorités publiques
55%
-les autorités religieuses
51%%
-les travailleurs sociaux
45%
Au-delà de ces personnes, d’autres paramètres ont
une influence sur l’éducation des enfants.
Les nouveaux outils de communication sont vécus de
façon plutôt négative avec respectivement 60%, 68% et 40% pour le portable, les
consoles de jeux et internet. Pour la télévision, les avis restent
partagés : 43% estiment que l’influence est positive alors que 47% l’estiment
négative.
Par contre, la radio retient une influence positive
à 57%. L’activité professionnelle des parents a une influence positive à 81%.
Pour ce qui est de la prise en charge des enfants
mineurs, ce sont principalement les parents eux-mêmes qui s’en occupent. Seuls
8% ont souvent recours à un autre membre de la famille.
Concernant la place des activités domestiques, les
parents estiment à 97% important que les enfants rangent leur propre chambre,
ainsi que de débarrasser ou mettre la table (94%). S’occuper de son linge et de
l’habitat semble être moins important pour les parents (50%).
Définition de l’éducation
Les valeurs importantes à transmettre à travers
l’éducation sont en premier lieu le respect et l’honnêteté, qui sont
unanimement choisis (100%). Les autres valeurs rassemblent quant à elles au
minimum 93%, ce sont :
-la communication 97%
-la liberté/l’autonomie 95%
-la découverte 93%
-l’attention 95%
-les repères 96%
-la politesse 98%
-la tolérance 97%
Quant à la mise en œuvre de l’éducation elle passe
d’abord par le respect, la communication, l’accompagnement, l’exemple et la
transmission du savoir et peu par l’autorité, la négociation et le laisser
expérimenter.
|
|
Beau-coup |
Assez |
Peu |
Pas du tout |
|
L'autorité |
20% |
60% |
15% |
2% |
|
Le respect |
77% |
21% |
0% |
0% |
|
La communication |
79% |
18% |
1% |
0% |
|
La négociation |
15% |
49% |
28% |
3% |
|
L'accompagnement |
56% |
39% |
2% |
0% |
|
L'exemple |
63% |
30% |
5% |
0% |
|
La transmission du savoir |
48% |
42% |
7% |
0% |
|
Le laisser expérimenter |
17% |
51% |
24 |
3% |
Le choix de l’autorité pour la mise en pratique de
l’éducation varie en fonction des catégories socioprofessionnelles. Les cadres
et professions intellectuelles supérieures sont 36% à penser que l’éducation
passe peu par l’autorité. Les ouvriers (86%) et les retraités (76%) sont
d’accord pour dire que l’éducation passe par l’autorité.
Pour ce qui est de l’autorité, les répondants la
définissent :
- « se faire respecter » à 96%
- « poser des limites, des interdits » à
96%
- « guider l’enfant » à 96%
-
« être crédible dans l’éducation » à 93%
-
« avoir du pouvoir » à 45%
-
« ne pas avoir à se justifier » à 24%
Bien
que satisfaits de l’éducation reçue, les parents innovent afin d’être proche de
leurs enfants.
En
effet, on observe que 84% des répondants pensent que l’éducation que leur ont
donnée leurs parents est une bonne éducation.
42%
des répondants pensent éduquer leurs enfants comme leurs parents les ont
éduqués.
Les
répondants pensent à 69% que leurs valeurs sont peu ou pas du tout éloignées de
celles de leurs enfants.
Pour
ce qui est de la perception des enfants de leurs parents, les répondants
estiment que leurs enfants les perçoivent comme des parents. (67%), comme des
confidents (52%), comme des amis (28%),
comme des gêneurs (4%), comme des tyrans (1%).
Le soutien aux famillles
Les
principales difficultés auxquelles semblent être confrontés les parents sont le
manque de communication avec leurs enfants (80%) et le désaccord dans le couple
(85%).
Afin
de trouver une aide dans l’éducation des enfants, les parents s’appuient sur
une palette de possibilités : livres, magazines, amis, familles,
psychologue ou encore pédiatre en moyenne à 45% pour chacun. La sollicitation
des travailleurs sociaux (éducateurs, assistantes sociales) est moindre.
76%
des familles estiment, qu’avoir des horaires de travail aménagés et avoir des
structures d’accueil d’enfants avec des horaires adaptés à l’activité des
parents les aideraient dans l’éducation des enfants.
35%
souhaitent arrêter de travailler.
Les
lieux de rencontre et d’écoute entre parents
seraient une aide pour 39% des répondants.
Le
fait d’avoir un professionnel à la maison constituerait une aide pour 24% des
répondants.
La
question de la rémunération laisse les répondants partagés : 49% pensent
qu’être mieux rémunérés pourrait les aider alors que 42% pensent le contraire.
On
note tout de même que la rémunération est plus importante pour les professions
intermédiaires (54%), les employés 57%, les ouvriers 55% et les étudiants ou
inactifs 57% contre seulement 30% des cadres et 31% des agriculteurs, exploitants
agricoles.
Dans
l’ensemble, les familles n’attendent pas de l’Etat ou d’autres organismes
sociaux de recevoir des aides financières (53%) sauf les familles les familles
monoparentales (47%) ou les ouvriers (52%).
64%
veulent plutôt que l’Etat subventionne des clubs et associations pour que tous
les enfants puissent y participer.
De
plus, les parents veulent de l’écoute (54%). Ils sont partagés et mitigés sur
l’apport de conseils (44% pour, 44% contre) et plutôt contre « une
formation de parents » (56%)
Qu’attendez-vous des organismes
sociaux, de l’Etat et des collectivités locales ?
|
|
Oui |
Non |
|
Des aides financières |
35% |
53% |
|
Des subventions aux clubs et associations pour que les enfants puissent profiter des activités généralement trop chères pour vous |
64% |
28% |
|
Plus de square avec des jeux |
46% |
43% |
|
Plus d’animation pour les jeunes |
57% |
32% |
|
Des activités parents enfants |
40% |
47% |
|
Plus d’écoute |
54% |
36% |
|
Plus de conseils |
44% |
44% |
|
Une « formation de parents » |
34% |
56% |
Les
répondants attendent donc plus d’activité pour les enfants et plus d’écoute
pour eux-mêmes.
Les réponses à la délinquance
Afin
de limiter la délinquance les répondants estiment que le mode de réponse est
avant tout éducatif, que ce soit envers les parents ou envers les jeunes.
|
Pour limiter la délinquance des mineurs quelle est votre position sur : |
Favorable |
Pas favorable |
|
Le couvre-feu pour les enfants de moins de 14 ans |
77% |
20% |
|
La détention des mineurs délinquants en centres éducatifs fermés |
58% |
36% |
|
Une amende pour les parents dont les enfants ne vont pas à l’école |
62% |
34% |
|
Des mesures d’aides éducatives par des professionnels pour les jeunes |
87% |
8% |
|
Des mesures de réparation pour les enfants (travaux d’intérêt général) |
92% |
4% |
|
La suppression des allocations familiales |
44% |
51% |
|
Le retrait et le placement des enfants |
29% |
65% |
|
Des mesures d’aides éducatives par des professionnels pour les parents |
87% |
9% |
Les
personnes interrogées sont plutôt contre la suppression des allocations
familiales (55%) et contre le retrait et le placement des enfants (65%).
Les
personnes interrogées sont d’accord avec les autres mesures proposées. En tête,
des mesures de réparations pour les enfants (92%) et des aides éducatives pour
les jeunes et/ou les parents (87%).
Les
familles sont aussi favorables à des mesures répressives :
-couvre-feu
pour les enfants de moins de 14 ans (77%)
-une
amende pour les parents dont les enfants ne vont pas à l’école (62%)
-la
détention des mineurs délinquants dans des centres éducatifs fermés (58%).
Conclusion
Par
cette enquête, il ressort que l’éducation est définie comme stricte mais
ouverte sur le dialogue, bien que la communication soit une valeur difficile à
mettre en pratique.
Au-delà
de la famille, la coéducation parents-enseignants est particulièrement importante.
Le
besoin des répondants est avant tout de
l’ordre de l’écoute aussi bien au sein de la famille qu’avec les organismes
sociaux, et de l’éducatif pour limiter la délinquance.
Réactions du mouvement familial à cette enquête :
Cette enquête
rejoint d'autres enquêtes qui démontrent l'attente en matière de services et
d'activités pour les enfants, au-delà de l'attente d'aides financières, de
prestations de la part de l'Etat.
Pour
autant, il convient de rappeler que pour le mouvement familial, la compensation
des charges familiales constitue un droit essentiel en contrepartie de l'effort
consenti des familles au bénéfice de toute la société. Cette compensation
s'exerce partiellement par les allocations familiales et d'autres aides.
Mais
la politique familiale est aussi une politique de services aux familles (c'est
notamment par le volet de l'action sociale des CAF qu'elle peut s'exercer pour
développement des structures d'accueil de la petite enfance, de loisirs…) et
aussi une politique du temps.Dans cette enquête comme dans d'autres, les
familles insistent sur la nécessité de développer la conciliation de la
fonction parentale et professionnelle, notamment par des horaires aménagés. Les
formules à envisager sont multiples et vont bien sûr au-delà de l'aménagement
d'horaires.
Les
parents ne sont pas démissionnaires, mais peuvent être confrontés à des
difficultés diverses éducatives. Bien que les UDAF se soient fortement
impliqués dans les REAAP (réseaux d'écoute, d'appui et d'accompagnement des
parents), les lieux de rencontre et d'écoute entre parents ne sont perçus comme
une aide que par 39% des répondants. Comment interpréter ce résultat? Faut-il
favoriser une communication plus grand public sur cette approche, développer
d'autres alternatives?
La
coopération parents-enseignants est
particulièrement importante, un certain nombre d'actions et de projets doivent
certainement être menées pour la favoriser et la soutenir.
Concernant
la lutte contre la délinquance, notre
approche est avant tout éducative. Nous avons été étonnés dans l'enquête par le
succès de mesures telles que le couvre-feu pour les enfants, la détention des
mineurs en centres éducatifs fermés et l'amende parentale.
Nous
souhaitons réaffirmer la nécessité de l'éducatif à tous les âges des enfants et
le soutien des parents face à un acte délinquant de leur enfant, car sauf
exception, ceux-ci sont désemparés et se sentent impuissants face à de tels
actes et ont besoin d'être soutenus.
Nous
souhaitons donc que la publication de ce rapport soit un élément facilitateur
de ce débat autour de l’éducation des enfants.
Pour
organiser un débat, adressez vous à l'UDAF.