Résultats de notre enquête
Enquête réalisée de janvier à
avril 2004
juillet 2004
Union Départementale des
Associations Familiales du Bas-Rhin
Union Départementales des
Associations Familiales du Haut-Rhin
Union Régionale des
Associations Familiales
En partenariat avec les
Caisses d'Allocations Familiales du Bas-Rhin et du Haut-Rhin et la Mutualité
Sociale Agricole Alsace
Union Départementale des Association Familiales du Bas-Rhin
19-21 Faubourg National - BP 700 62
67067 Strasbourg Cedex
Tél.: 03 88 52 89 89
Fax : 03 88 75 72 24
Site Internet: www.udaf67.com
Contact Isabelle Stoffel
Mail : istoffel@udaf67.unaf.fr
Les UDAF du Bas-Rhin et du
Haut-Rhin (Union départementale des associations Familiales) sont des
associations de droit local reconnues d'utilité publique. Conformément à
l'ordonnance du 3 mars 1945 et à la loi du 11 juillet 1975, les UDAF en
relation avec l'UNAF (Union Nationale des Associations Familiales) sont
habilitées à donner leur avis aux pouvoirs publics sur des questions concernant
les familles, à les représenter et à gérer tout service d'intérêt familial.
En 1999, les UDAF du
Bas-Rhin et du Haut-Rhin ont souhaité avec l'URAF (Union Régionale des
Associations Familiales) mettre en place un Observatoire Régional de la
Famille. L'Observatoire est un outil qui œuvre dans le sens de la politique
familiale : faire remonter les besoins des familles et ceci afin de remplir au
mieux la mission institutionnelle des UDAF : représenter les familles.
Les UDAF du Bas-Rhin et du Haut-Rhin ainsi que l'URAF ont travaillé en
collaboration avec l'INSEE Alsace qui a élaboré un échantillon de 600 familles
(300 pour le Bas-Rhin et 300 pour le Haut-Rhin). L'INSEE s'est appuyé sur le
recensement de la population datant de 1990 pour élaborer notre panel. Cet
échantillon a pour caractéristique d'être représentatif de la population
alsacienne. Aussi, il a fallu tenir compte d'un certain nombre de
caractéristiques combinées entre elles comme, le type et la taille de la
famille (familles monoparentales ou non, familles avec couple marié ou non,
sans enfant, un enfant, deux enfants, trois enfants et plus), la catégorie
socioprofessionnelle de la personne de référence et l'âge de cette personne.
L'enquête "vous et votre logement" a plusieurs objectifs. Il
s'agit:
-
de découvrir
le parcours résidentiel des alsaciens
-
d'identifier
les besoins, et les désirs
-
de sonder les
opinions des personnes face à diverses propositions politiques du logement
-
d'aborder la
question de la perception du logement social
Par rapport au panel
initial, le nombre de réponses est insuffisant. Certaines familles sont
sous-représentées ou sur-représentées. Au total, 242 familles pour le Bas-Rhin
et 184 familles pour le Haut-Rhin ont répondu au lieu de 600 attendues selon
différents critères). Cette enquête ne peut alors pas prétendre avoir une
valeur représentative. Elle donne des résultats à titre indicatif. A noter que
les propriétaires dans le Haut-Rhin sont très largement surreprésentés. Afin
d’assurer la conformité des résultats, sur certains points, l’analyse fine
porte essentiellement sur le Bas-Rhin qui est représentatif sur ce point.
La situation du
parc actuel des répondants
L’enquête confirme que la répartition du type
d’habitat entre le monde rural et urbain est toujours aussi caricaturale.
En effet, à la campagne, la maison individuelle
représente 92% du type d’habitat alors qu’en ville il représente 36%. Par
contre en ville le type d’habitat dominant est le logement collectif privé
(41%) ou social (23%) contre seulement 4% de collectif privé et 1% de collectif
social à la campagne.
|
|
campagne |
ville |
|
Maison individuelle |
92% |
36% |
|
Collectif privé |
4% |
41% |
|
Collectif social |
1% |
23% |
L’occupation du logement social ne constitue pas
seulement l’habitat des plus démunis.
Effectivement, dans les appartements sociaux, les
répondants percevant moins de 400 €, les locataires percevant plus de 2000 €
représentent respectivement 6% et 16% alors que ceux percevant de 400 à 1000 €
et de 1000 à 2000 € représentent respectivement 41% et 37% des répondants vivant
en HLM. Sachant que le coût du loyer est pour 40% des répondants vivant en
appartements sociaux paient de 330 à 660 €, 35% des répondants paient de 130 à
330 € contre seulement 16% des répondants vivant en appartements sociaux paient
moins de 130 € et 8% qui paient plus de 660 €.
Le parc locatif privé est plutôt habité par les
jeunes célibataires et des ménages sans enfant à l’inverse les logements
sociaux sont habités par des ménages avec enfants : les répondants avec
un, deux ou trois enfants se répartissent de manière homogène. Ils représentent
respectivement 21%, 23% et 21% des répondants vivant dans le parc social au
détriment des répondants sans enfants qui ne représentent que 9% des répondants
de ce type de logement.
Le statut d’occupation révèle lui aussi une
inégalité rural-urbain. 90% des répondants de zone rurale sont propriétaires
contre 33% en ville.
Cette accession à la propriété se fait pour 67% des
ouvriers et 81% des cadres.
Il subsiste donc de grandes disparités quant au
type de logement et au statut d’occupation entre la ville et la campagne.
Mobilité et satisfaction
L’enquête nous montre que la mobilité est une
mobilité de proximité qui décroît avec l’âge et est fonction du statut
d’occupation.
En effet lors de l’entrée dans le premier logement
autonome 25% s’installe hors du département. Ce pourcentage diminue encore
lorsque l’on parle du dernier logement 2%.
Cette mobilité est d’autant plus forte chez les
locataires de logement privé 34% alors qu’elle est de 16% pour les locataires
en HLM et 23% pour les propriétaires.
La durée d’occupation démontre là encore une
mobilité plus forte pour les locataires en privé. Pour une durée de moins de
5ans on a 11% de propriétaires , 48% de locataires HLM et 50% de locataires
privé dont 12% y sont depuis moins d’un an. Tandis que pour une durée
supérieure à 5ans on a 89% de propriétaires, 53% de locataires HLM dont 19
% depuis toujours et 50% pour les
locataires privés. Ces derniers étant donc les plus mobiles. Ce qui induit une
mobilité plus forte en ville qu’à la campagne.
Les motivations au changement de logement évoluent
au fur et à mesure du parcours résidentiel.
Principalement, les répondants changent de logement
pour des raisons familiales mais avec tout de même une forte proportion de
répondants qui changent de logement pour des raisons professionnelles en début
de parcours résidentiel
Ce qui est d’autant plus vrai pour les cadres dont
33% on changé de logement pour des raisons professionnels pour leur premier
logement.
Pour le dernier logement, 40% ont changé de
logement pour des raisons familiales contre seulement 14% pour des raisons
professionnels.
Même si de façon générale la satisfaction exprimée
par les répondants est de 88% on observe cependant des nuances en fonction du
type d’habitat et de la situation familiale.
En effet, pour ce qui est du type d’habitat les
répondants en appartements sociaux sont largement moins satisfaits :
La situation familiale montre que les répondants en
situation de monoparentalité ou vivant seul sont insatisfait à respectivement
36 et 22% contre seulement 7% pour les couples mariés ou non.
Les principales raisons de cette insatisfaction
sont avant tout liées à la taille (52%), au manque de confort (33%) puis à
l’image du quartier (33%).
La zone géographique et l’âge apportent des nuances
à ses chiffres.
Les répondants vivant en ville et en périphérie
sont principalement insatisfaits des conditions de vie :
|
En ville |
En périphérie |
A la campagne |
|
Taille inadaptée
71% |
Manque de confort
50% |
Taille inadaptée
36% |
|
Image du
quartier 42% |
Taille inadaptée
31% |
Peu d’offres de
loisirs…36% |
|
Problème de
voisinage 29% |
Pollution (25%) |
|
|
Manque de confort
29% |
|
|
Alors que les répondants issus de la campagne se
plaignent principalement de peu de services pour les enfants:
Chez les répondants mécontents, 61% sont âgés de
30-49 ans, 27% sont âgés de 50-64 ans et ceux au détriment des 15-29 ans et des
65 ans et plus qui représentent respectivement 10% et 2 % des répondants
mécontents. Pour tous la taille est la raison première de non satisfaction.
Les 30-49 ans se plaignent en plus du coût
(32%) et de l’image du quartier.
Les 50-64 ans se plaignent du manque de confort
(55%)
Alors que les 15-29 ans font ressortir après
l’image du quartier (50%), l’insalubrité
(25%).
En ce qui concerne les 65 ans et plus, ils sont
surtout mécontents de la pollution.
Ce sont toujours ces trois critères (type de
logement recherché, la localisation géographique et le confort) qui reviennent
le plus souvent dans le choix du logement pour les répondants de notre enquête
avec respectivement 73%, 69% et 52%. Le prix n’est pas le critère déterminant
dans le choix du logement, mais il reste tout de même le critère principal pour
les locataires (68%).
Pour les répondants résidants en HLM, le prix
critère (73%) est l’une des déterminantes principales dans le choix de leur
logement contrairement aux répondants vivant en appartement privé qui prennent
surtout en compte la localisation géographique (76%) et pour ceux vivant en
maison privé, le critère qui est souvent cité est le
type de logement recherché (79%).
Le parcours résidentiel s’améliore. En effet, dans l’ensemble, 71% des répondants habitaient dans
une maison individuelle en étant enfant, contre 18% qui occupaient un
appartement privé et 10% qui vivaient dans un appartement social en étant
enfant.
Actuellement, 67% de ces mêmes répondants occupent
une maison individuelle, contre 18% qui vivent dans un appartement privé et 12%
qui habitent dans un HLM.
Mais on observe tout de même que 47% des répondants
qui occupaient un appartement social en étant enfant occupent toujours ce type
de logement et seulement 28% en maison individuelle. Alors que les répondants
ayant vécu dans une maison individuelle en tant qu’enfant sont 7% à être dans
du logement social actuellement et 75% dans en maisons individuelle.
Souhaits et désirs
Le désir de déménager est
explicite pour 20% des répondants.
Dans le Bas-Rhin, ce sont avant tout les locataires
et plus précisément ceux du parc social qui le souhaitent. On observa en effet
seulement 9% des répondants vivant en maison individuelle qui souhaitent partir
contre 46% des répondants vivant en appartement privé et ceci s’accentue dans
le parc locatif social, car effectivement 59% des répondants vivant en appartements
sociaux souhaitent déménager.
Quant aux répondants ne souhaitant pas changer de
logement, c’est avant tout pour des raisons de satisfaction mais aussi, pour
10% de ne pouvoir assurer le loyer mensuel, pour 6% de ne pas pouvoir avancer
la caution, pour 4% de ne pas trouver de logement adapté dans le social et pour
6% de ne pas trouver ce qu’ils cherchent.
Dans l’ensemble les répondants souhaitent déménager
afin d’acquérir une maison individuelle.
Mais l’accession du logement occupé n’est désirée que
par 41% des locataires du secteur privé et par 30% pour le secteur social.
Dans l’ensemble, les éléments favorables à
l’accession à la propriété sont principalement dus :
·
à une situation professionnelle stable (50%),
·
à un aboutissement d’un projet de vie (46%)
·
à une qualité de l’environnement de la vie (45%).
On remarque des variantes en fonction du statut
d’occupation.
Pour les répondants résidants dans un appartement
privé, les principaux éléments favorables à l’accession à la propriété sont une
situation professionnelle stable (48%), une qualité de l’environnement et de la
vie (48%), et un coût de la location du privé dissuasif (39%).
Contrairement aux répondants habitant dans un
appartement social, pour qui les éléments favorables à l’accession à la
propriété sont principalement la qualité de l’environnement et de la vie (46%),
avant une situation professionnelle stable (43%) et l’aboutissement d’un projet
de vie (29%).
Perception du logement social
Parmi
les propositions faites dans l’enquête quand aux missions du logement social
elles font ressortir favorablement la mission d’hébergement pour les plus
démunis à 87%. Mais les autres propositions rassemblent de forts
pourcentages :
Les
répondants estiment donc que le logement social répond à toutes les demandes.
Dans
l’ensemble on note que les locataires sont plus ouverts aux différentes
propositions que les propriétaires.
Quant
aux changements à opérer les répondants souhaitent renforcer la qualité du
logement social aussi bien en ville qu’en milieu rural afin d’en faire des
logements que les occupants désireraient acquérir.
Cela
se traduit par la volonté des répondants à :
20%
d’entre eux estiment que les logements sociaux sont en nombre suffisant.
Pour
ce qui est des mesures politiques à mettre en œuvre dans le domaine du logement
il ressort différents souhaits : des aides financières et des mesures sur
le foncier.
Tout
d’abord les répondants souhaitent des aides financières plus adaptées. En
effet, ils sont 92% à être favorables à la revalorisation des aides
personnelles au logement. De plus, ils sont 89% à être favorables au principe
de conditionner les aides fiscales dans l’immobilier aux conditions de
ressources des futurs locataires.
Ces
aides pouvant aussi pour 88% être sous la forme d’une aide à l’accession à la
propriété des familles à faible revenu ou modéré plutôt que d’aider les
propriétaires qui louent des appartements.
Quant
au foncier, 91% souhaitent que les collectivités locales fassent des réserves
foncières afin de faire baisser le coût du foncier. 93% souhaitent que les prix
de vente des terrains soient réguler afin d’éviter la spéculation.
Conclusion
Cette
enquête démontre la nécessité de défendre le droit de tous à un logement
décent.
Ont
été souligné en particulier :
·
La
nécessité de meilleures aides financières
·
Une
gestion des HLM diversifiée
·
Une
gestion foncière avec une plus grande implication des communes
En
matière de logement il faut donc être créatif et oser proposer des projets
innovants.
Pour avoir le rapport
intégral et organiser un débat, adressez-vous à l'UDAF.