Résultats de nos enquêtes

 

"La vulnérabilité dans la famille » et « A l’épreuve du chômage"

 

 

Enquêtes réalisées

de septembre 2004 à mars 2005

 

 

 

octobre 2005

 

 

 

Union Départementale des Associations Familiales du Bas-Rhin

 

 

 

Union Départementales des Associations Familiales du Haut-Rhin

 

 

Union Régionale des Associations Familiales

 

 

 

En partenariat avec les Caisses d'Allocations Familiales du Bas-Rhin et du Haut-Rhin et la Mutualité Sociale Agricole Alsace

 

 

Union Départementale des Association Familiales du Bas-Rhin

19-21 Faubourg National- BP 700 62

67067 Strasbourg Cedex

Tél.: 03 88 52 89 89

Fax : 03 88 75 72 24

Site Internet: www.udaf67.com

 

Contact Isabelle Stoffel

Mail : istoffel@udaf67.unaf.fr

 

Les UDAF du Bas-Rhin et du Haut-Rhin (Union départementale des associations Familiales) sont des associations de droit local reconnues d'utilité publique. Conformément à l'ordonnance du 3 mars 1945 et à la loi du 11 juillet 1975, les UDAF en relation avec l'UNAF (Union Nationale des Associations Familiales) sont habilitées à donner leur avis aux pouvoirs publics sur des questions concernant les familles, à les représenter et à gérer tout service d'intérêt familial.

En 1999, les UDAF du Bas-Rhin et du Haut-Rhin ont souhaité avec l'URAF (Union Régionale des Associations Familiales) mettre en place un Observatoire Régional de la Famille. L'Observatoire est un outil qui œuvre dans le sens de la politique familiale : faire remonter les besoins des familles et ceci afin de remplir au mieux la mission institutionnelle des UDAF représenter les familles.

 

Les UDAF du Bas-Rhin et du Haut-Rhin ainsi que l'URAF ont travaillé en collaboration avec l'INSEE Alsace qui a élaboré un échantillon représentatif de 600 familles (300 pour le Bas-Rhin et 300 pour le Haut-Rhin). L'INSEE s'est appuyé sur le recensement de la population datant de 1999 pour élaborer notre panel. Cet échantillon tient compte d'un certain nombre de caractéristiques combinées entre elles comme, le type et la taille de la famille (familles monoparentales ou non, familles avec couple marié ou non, sans enfant, un enfant, deux enfants, trois enfants et plus), la catégorie socioprofessionnelle de la personne de référence et l'âge de cette personne.

 

Les enquêtes «  A l’épreuve du chômage » et « la vulnérabilité dans la famille » ont des approches différentes. L’une partant d’événements choisis avec une analyse générale sur les conséquences, l’autre partant de l’analyse d’un événement et des conséquences centrées sur la famille.

Cependant, nous avons souhaité en faire une présentation croisée. Les deux enquêtes ont pour objectifs de nous apporter des éléments de réflexion sur le ressenti face à ces questions, d’identifier aides mobilisées par les familles alsaciennes face à ces problèmes.

 

Pour l’enquête « la vulnérabilité dans la famille »nous avons eu 259 répondants et pour celle « A l’épreuve du chômage » 104.

Ce qui est bien en deçà des attentes du panel. Par ailleurs, nous constatons la sous représentativité des ouvriers au profit des employés et cadres et professions intellectuelles supérieures.

 

 

La Vulnérabilité dans la famille

 

 

L’approche est d’analyser un événement vécu ces  cinq dernières années et perçu marquant pour les répondants.

 

 

Le type d’événement marquant vécu ces 5 dernières années par les répondants est avant tout le décès d’un proche (41%), en second un problème de santé (27%) et en troisième la modification de la cellule familiale (13%).  L’événement professionnel (chômage…) et l’arrivée d’un enfant sont ressentis comme marquants à respectivement 10% et 6%.

 

Type d’événement

%

Décès d’un proche

41%

Problème de santé

27%

Modification de la cellule familiale

13%

Evénement professionnel

10%

Arrivée d’un enfant

6%

 

 

De façon générale les conséquences qui affectent le plus les répondants sont celles d’ordre « psychologique » avec une note moyenne de 4,292 sur 7 et des conséquences sur la santé avec 3,86. Le financier arrive quand même en troisième position sur neuf. Le logement est peu touché (note 2,649).

 

Type de difficulté

Note moyenne/7

Santé

3,86

Financier

3,585

Juridique

2,798

Administratif

2,769

Professionnel

3,371

Education des enfants

3,167

Logement

2,649

Vie Familiale

3,554

Psychologique

4,292

(1=aucune difficulté ; 7=difficulté très importante)

Sur le plan familial, les principales difficultés qui concernent les répondants sont avant tout des conséquences psychologiques telles que « avoir du temps à soi » (3,643) et organisationnelles parmi lesquelles « la réalisation des tâches quotidiennes » (3,402).

 

 

Type de difficultés sur le plan familial

Nombre de répondants

Note/7

Réalisation des tâches quotidiennes

179

3,402

Possibilités d’avoir du temps à soi

182

3,643

Relation au sein de la famille

188

3,266

Organisation des déplacements (transport)

156

2,885

Organisation de la garde des enfants

87

3,138

Organisation de la prise en charge de personnes handicapées

44

3,386

Organisation et prise en charge de personnes âgées

56

3,393

Conciliation de votre vie familiale et de votre vie professionnelle

143

3,21

(1=aucune difficulté ; 7=difficulté très importante)

 

Sur le plan psychologique, le sentiment d’impuissance avec une moyenne de 4,771 est le plus invoqué par les répondants avec la crainte face à l’avenir (4,208) en deuxième position.

Le cumul d’événements est peut être aussi un facteur encore plus fragilisant sachant que la moitié des répondants a eu un second événement marquant durant les cinq dernières années.

 

Type de difficultés sur le plan psychologique

Note/7

Sentiment de solitude

3,981

Sentiment d’impuissance

4,771

Sentiment d’isolement

3,658

Sentiment de plus « être reconnu »

3,585

Tristesse face au passé

4,078

Crainte face à l’avenir

4,208

(1=aucune difficulté ; 7=difficulté très importante)

 

 

La famille est la source principale d’aide face à ces événements hors aides financières.

Et plus particulièrement par le biais d’une aide matérielle (19%) et surtout une aide morale et/ou psychologique (60%). Concernant l’aide financière, elle est avant tout apportée par les services publics (34%). A la fois sous la forme d’une aide ponctuelle (10%) ou sous la forme de pension ou d’allocation ou indemnité journalière (24%).

L’aide en information est apportée à la même hauteur par l’administration et l’entourage (27%). La famille y joue donc un rôle non négligeable 24%.

Les répondants s’appuient donc plus sur la famille et leur entourage que sur les associations (moyenne de 10%) et l’administration (25%).

 

D’après les répondants l’aide morale et/ou psychologique est la plus utile puisqu’elle obtient une note moyenne de 5,244, puis vient l’aide en informations 5,115. L’aide matérielle est la moins utile avec une note de 3,624.

 

Type d’aide

Utilité notée sur 7

Aide financière

4,372

Aide matérielle

3,624

Aide morale et/ou psychologique

5,244

Aide en informations

5,115

Aide en soutien juridique et/ou administratif

4,564

 

Les facteurs de vulnérabilité dans les familles sont multiples : il s’agit en premier lieu du décès d’un proche, puis de problème de santé ou la modification de la cellule familiale. Les difficultés principales qui en résultent sont avant tout d’ordre psychologique ou moral plus que matériel avec un fort sentiment d’impuissance.

 

 

 

A l’épreuve du chômage

 

 

 

La raison principale du chômage est le licenciement économique quel que soit le sexe des répondants (45% des personnes).

Le nombre d’hommes licenciés est largement supérieur à celui des femmes, avec respectivement 59% et 37%.

La fin de contrat vient en deuxième position, elle représente 20% des répondants, la part des femmes est nettement supérieure à celle des hommes, elle représente 25% contre seulement 12% pour les hommes.

 

Cause du chômage

Nombre de répondants

%

licenciement économique

43

46%

licenciement pour faute

5

5%

démission

12

13%

déménagement

2

2%

changement de situation familiale (enfant,…)

3

3%

demandeur d'emploi pour la 1ère fois

11

12%

fin de contrat (CDD, CES, emploi jeune.)

18

19%

vous voulez vous convertir à travers un plan social

0

0%

Total répondants

94

100%

 

Face au chômage, le ressenti principal est la révolte à 66%, puis vient l’angoisse et la peur à 63%, l’incompréhension à 57%, le rejet et l’exclusion à 54%.

Pour d’autres le ressenti est plus positif puisque pour 10% le chômage est un soulagement et pour 35% une opportunité.

 

Sentiment

Beaucoup, assez

Peu, pas du tout

Culpabilité

32%

68%

Rejet, exclusion

54%

46%

Angoisse, peur

63%

37%

Révolte

66%

34%

Incompréhension

57%

43%

Inutilité

44%

56%

Soulagement

10%

90%

Opportunité

35%

65%

 

La priorité en terme d’occupation est alors la recherche d’emploi à 67%, vient ensuite l’éducation des enfants à 41%. Le sport étant le type d’occupation le moins pratiqué (8%).

 

 

Pour 60%, hommes ou femmes, le chômage renforce le couple. Le sentiment de dépendance face au conjoint est ressenti à 40%.

Conséquences

Tout à fait d’accord, assez d’accord

Un peu d’accord, pas du tout d’accord

Couple renforcé

60%

40%

Séparation

5%

95%

Disputes fréquentes

24%

76%

Sentiment de dépendance

face au conjoint

40%

60%

 

Concernant les enfants il a été demandé aux répondants comment ils pensaient être perçus par leurs enfants face à cette situation de chômage.

Les parents pensent être perçus comme étant un peu triste (39%), beaucoup plus à l’écoute et présents pour leurs enfants (28%) et comme assez angoissés (19%).

 

            Concernant le niveau de vie les conséquences sont indéniables : 33% estiment qu’il a beaucoup de répercussions, 29% assez, 30% un peu et pour 8% pas du tout.

 

Répercussion sur le niveau de vie ?

%

Pas du tout

8%

Un peu

30%

Assez

29%

Beaucoup

33%

 

Les principales restrictions sont les vacances et les restaurants pour 82%. Les achats vestimentaires et les dépenses de santé sont les postes que les répondants essaient de maintenir : 61% se privent peu ou pas du tout.

 

 

Le soutien, provient essentiellement de la famille. En effet, ils sont 54% à avoir eu beaucoup de soutien de la famille.

Le type de soutien apporté par la famille et les amis est principalement d’ordre moral (94%) alors que pour les organismes, ce type d’aide représente 39%.

Les organismes représentent avant tout une aide financière pour 58%.

 

De qui avez-vous reçu du soutien ?

Pas du tout

Un peu

Assez

Beau-coup

Famille

6%

14%

26%

54%

Amis

14%

27%

24%

35%

Organismes

46%

29%

14%

11%

 

 

L’attente principale des répondants face aux organismes est l’aide à la recherche d’un emploi pour 62% et l’appui technique. 15% ne demandent pas du tout plus de prestations financières. Il s’agit davantage d’attentes liées à l’aspect psychologique : beaucoup plus de disponibilités 42%, beaucoup plus d’accompagnement à 41%, beaucoup plus de compréhension à 40% et beaucoup plus de soutien moral 33%.

 

            La recherche d’emploi se fait principalement par les petites annonces à 53%, les candidatures spontanées à 52% et l’ANPE à 39%. Les missions locales concernent 4% des répondants alors que les agences intérim en concernent 24%.

 

A travers cette enquête « à l’épreuve du chômage », on observe l’importance des licenciements économiques comme cause de chômage parmi les répondants.

On note un soutien moral certain de la famille et des amis face à cette situation alors que les organismes ont un rôle avant tout financier.

Qu’en est-il alors des personnes fragiles où le lien avec la famille et les amis est quasi nul ou distendu?

La place des organismes semble être une réflexion de fonds à mener. Ont-ils vocation à aller au-delà des missions administratives ?

 

 

Conclusion générale

 

 

Au-delà des conditions de vie objectivables parfois difficile, la fragilité n’est-elle pas avant tout l’expression d’un sentiment, d’un vécu lié à des événements, des parcours de vie?

C’est ce que tendent à montrer ces deux enquêtes. Les répondants ont exprimé que ce sont le décès et la maladie ont été dans leurs trajectoires de vies familiales les événements les plus fragilisants. Dans leurs aspects psychologiques et organisationnelles en premier lieu puis dans des effets éventuellement matériels et pratiques.

Concernant le chômage qui reste une épreuve difficile, la famille joue un rôle de soutien essentiel alors que la place des organismes reste à réfléchir afin de correspondre aux besoins des répondants : disponibilité, accompagnement, compréhension.

Nous souhaitons donc que la publication de ce rapport soit un élément facilitateur de ce débat autour de la question de la vulnérabilité des familles.

 

Pour avoir le rapport intégral et organiser un débat, adressez vous à l'UDAF.

Ø       Enquête suivante : « Les pratiques transfrontalières des familles alsaciennes»

 

 

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