‘‘Que font les 6-16 ans quand ils ne
sont ni en famille ni à l’école?’’
Enquête réalisée de Mars à Août 2008 par Hibouratou ADAM BABA-BODY
étudiante en Master 2 Démographie (UMB) sous la direction de Philippe KRAFFT,
chargé de mission
Union Régionale des Associations Familiales
Union Départementale des Associations Familiales du
Bas-Rhin
Union Départementale des Associations Familiale du
Haut-Rhin
En partenariat avec la Caisse d'Allocations
Familiales du Bas-Rhin et la Mutualité Sociale Agricole Alsace
Union Départementale des Association Familiales du
Bas-Rhin
19-21 Faubourg National- BP 70062
67067 Strasbourg Cedex
Tél.: 03 88 52 89 89
Fax : 03 69 57 90 30
Site Internet: www.udaf67.com
Contact : Philippe KRAFFT
Mail : pkrafft@udaf67.unaf.com
L’URAF est composée
des deux UDAF (UDAF67 et UDAF68). L'URAF a pour objet principal d'assurer la
représentation officielle des familles auprès des instances publiques de la
région.
L’
L’Observatoire
Régional de la Famille a lancé en mai 2008 une nouvelle enquête régionale.
L’enquête sur le temps de l’enfant a été diffusée
auprès des familles qui ont des enfants de 6-16 ans an Alsace (4410 familles
dans le Bas-Rhin et 2590 dans le Haut-Rhin). Il s’agit d’un échantillon assez
diversifié au vu des répondants, de leurs professions, de leurs situations
géographiques et surtout de leurs situations familiales.
L'enquête « Que font les
6-16 ans quand ils ne sont ni en famille ni à l’école? » a pour
objectif de mieux cerner les difficultés auxquelles sont confrontées les
familles en ce qui concerne les loisirs de leurs enfants notamment :
§
connaître
l’occupation des enfants de 6-16 ans quand ils ne sont ni en famille ni à
l’école ;
§
savoir
comment les familles organisent les loisirs de leurs enfants;
§
savoir
si les enfants sont en capacité de participer à des activités ;
§
connaître
les attentes des familles en ce qui concerne la pratique d’une activité par
leurs enfants ;
§
faire
ressortir les remarques du cas particulier au cas général ;
§
connaître
le coût des activités ;
§
enfin
faire savoir aux élus les attentes des enfants et de leurs parents ainsi
que leurs besoins en loisirs et en
infrastructures.
PRESENTATION DE
L’ENQUETE
Les activités extra scolaires des enfants ont toujours été une
importante préoccupation familiale. Ainsi l’
L’enquête est constituée d’un échantillon permanent d’associations
familiales interrogé régulièrement par les deux UDAF d’Alsace et d’un fichier
d’adresses qui tient compte des caractéristiques principales de l’enquête à
savoir les familles qui ont des enfants de 6 à 16 ans au 1er mai
2008.
Profil des
répondants
L’enquête sur le temps de l’enfant présente un échantillon assez
diversifié. Ont répondu à l’enquête, 1 571 familles vivant en
Alsace, constituant un taux de réponse
de 22.4%. On note une surreprésentation des familles d’employés et de
cadres. Les employés à eux seuls représentent 42% du panel. Il apparaît aussi
que la majorité des répondants vit en couple (97%).

PRESENTATION DES
RESULTATS
Les résultats sont regroupés sous les thèmes suivants :
1.
la
pause méridienne
2.
l’occupation
des enfants pendant la pause déjeuner
3.
l’occupation
des enfants en dehors de la pause déjeuner
4.
l’encadrement
pendant la pratique de l’activité
5.
l’adhésion
à l’activité
6.
les
difficultés rencontrées
7.
« les
conséquences de la réforme Darcos » ;
1. La pause
méridienne
L’enquête révèle que les enfants
mangent prioritairement à la maison, vient en deuxième la cantine.

40% des enfants qui prennent leur déjeuner à la cantine sont des
enfants d’employés suivis de 22% des enfants de cadres. 62% des enfants de
petites villes mangent à la cantine contre respectivement 20% pour les grandes
villes et 18% pour les villes moyennes. Ce faible taux dans les villes moyennes
et grandes peut s’expliquer par la diversité du profil des parents et les
possibilités de choix offertes à ceux qui s’organisent en conséquence.
2. Occupations
pendant la pause déjeuner
6% des enfants pratiquent une activité pendant cette tranche horaire.
Ils sont aussi les plus nombreux à manger à la cantine. En général, les
11 à 15 ans pratiquent une activité pendant la pause déjeuner.
En résumé, les enfants ne sont pas seuls pendant leur pause déjeuner.
Individuellement et selon la profession des parents les enfants font quelque
chose pour s’occuper. A la différence de tous les enfants, on remarque que les
enfants des cadres et des employés sont les plus dynamiques.
3. Occupations
pendant le temps libre
Les enfants, quel que soit leur âge, pratiquent une activité qu’elle
soit sportive ou culturelle dans une structure bien définie ou restent sous la
responsabilité d’un adulte ou de la famille.

Les enfants passent plus de
temps à faire leurs devoirs qu’à profiter de leur temps libre pour leurs
loisirs. Les devoirs constituent après le sport la priorité des enfants de
tous les âges.
26%
des enfants pratiquent une activité sportive
25%
font leurs devoirs scolaires.

Les activités sont pratiquées majoritairement les soirs, les mercredis
et le week-end. Les vacances sont consacrées à d’autres types de loisirs tels
que le voyage. Le temps entre 12-14h, est prévu pour la pause déjeuner pour la
plupart des enfants.
4. Encadrement
pendant la pratique d’une activité
80% des enfants choisissent l’activité à pratiquer. Ils sont
accompagnés par leurs parents pour se rendre aux activités. Pour la plupart,
ces activités sont organisées c’est-à-dire que le programme est connu des
parents. Ainsi, les activités sportives sont les plus organisées (43% des 6-10
ans et 47% des 11-16 ans), beaucoup moins que les activités culturelles (18%).
La prise en charge par un membre de la famille représente 19%. Dans l’ensemble,
ce sont les employés qui s’occupent le plus de l’organisation des activités de
leurs enfants. Contrairement à ces activités, l’aide aux devoirs n’est souvent
pas organisée par les parents. C'est-à-dire que les enfants ont conscience du
travail à faire pendant leurs temps libres. Ainsi, les devoirs, qui constituent
de fait l’une de leurs activités prioritaires, passent en deuxième rang après
le sport.
5. Adhésion à
l’activité
Quel que soit leur âge, on a une adhésion totale à l’activité pour le
plaisir. La plupart des parents ont
conscience que la première motivation pour pratiquer une activité et
profiter de l’instant ; c’est « le plaisir ». La notion de
« plaisir » apparaît donc comme la raison principale pour la pratique
d’une activité. Deux grands groupes se détachent dans cette catégorie. D’un
côté, on a ceux qui sont d’accord de pratiquer une activité pour le plaisir et
de l’autre côté ceux qui ne le sont pas même s’ils ne sont pas nombreux. Ce
deuxième groupe regrouperait-il des personnes qui n’ont pas eu la possibilité
de choisir leur activité ?
Dans l’ensemble, on note une satisfaction relative en fonction du
critère ou du choix de l’activité et de l’âge de l’enfant concerné. Parmi les
propositions, les enfants sont très satisfaits du choix de leurs activités.
6. Les difficultés
rencontrées
Elles concernent notamment l’organisation des activités pour diverses
raisons. En dépit de la cherté de la pratique d’une activité soulignée par les
parents, certains enfants sont confrontés aux difficultés par rapport à l’offre
que leur proposent les structures d’accueil de leur commune et d’autres par
rapport à leur santé.
Au vu des résultats de l’enquête, on se rend compte que les parents
payent cher l’activité et le prix du transport pour s’y rendre.
7. Les
conséquences de la réforme Darcos
Deux groupes se dégagent en ce qui concerne la suppression des cours le
samedi matin dans les primaires. Le premier groupe est celui des
« satisfaits », il regroupe ceux qui « passeraient
beaucoup de temps avec leurs enfants (soit 26% des familles)» et ceux qui
« ne verraient aucun changement à cette réforme (soit 21% des
familles) ». Ils représentent 47% des familles qui ont répondu à
l’enquête ; ce groupe reste positif à l’égard de la réforme Darcos. Il
s’agit principalement des familles qui ont inscrits leurs enfants dans les
écoles où la semaine des quatre jours est déjà appliquée. A elles s’ajoutent
toutes celles qui adaptent leur emploi du temps à celui de leurs enfants.

Le deuxième groupe, celui des « non satisfaits » rassemble
ceux qui ont du mal à se faire à cette réforme et qui rencontreraient des
difficultés suite à l’application de cette dernière. 53% des parents auront du
mal à s’organiser pour des raisons diverses. Leur inquiétude concerne le
travail du samedi matin. Ils craignent que le travail du samedi matin soit réparti sur les autres jours de la
semaine ; ce qui rallongerait non seulement les journées de leurs enfants
mais aussi qui entraînerait des fatigues récurrentes. Cela entraînerait
également des frais supplémentaires pour la garde des enfants dont les parents
travaillent.
CONCLUSION :
Il résulte de notre enquête que les familles d’Alsace attendent
beaucoup des associations familiales en générale et des UDAF en particulier.
Elles suggèrent :
- de favoriser les activités extra scolaires au sein des
établissements afin de permettre aux enfants de découvrir non seulement les
activités mais aussi de développer leur personnalité ;
- de pratiquer les activités sportives et culturelles le samedi
matin ;
- d’augmenter les places en cantine d’en réduire les coûts et de
les rendre accessibles pour les familles à revenus modestes ;
- réduire voire supprimer les frais d’inscription dans les
centres aérés et aux activités périscolaires ;
- de développer les structures d’accueil et de créer des
infrastructures dans les petites villes en créant des aires de jeux, parcs,
pistes cyclables ;
- de favoriser le transport en commun dans les villages en
instaurant le « ramassage de leurs enfants de la maison vers les
activités» ;
- d’augmenter les heures de la garde périscolaire,
- d’instaurer la gratuité aux différents loisirs ou de réduire les
frais d’inscription aux activités,
- enfin favoriser la déduction des impôts des frais
d’inscription
- de conserver les avantages liés à la famille.
Nous avons remarqué que certaines familles en faisant leurs suggestions ont confondu l’UDAF
avec l’Etat.
Il serait par conséquent important que l’URAF et les UDAF se fassent
mieux connaître du public afin de permettre aux familles de mieux cerner leur
rôle.